La question que pose toute famille au moment de l’admission n’est pas le prix affiché, mais le reste à charge. Or les deux n’ont presque rien à voir. Une facture d’EHPAD se lit en trois lignes, et une seule pèse réellement sur le budget du résident.
Trois tarifs, trois payeurs
Le prix d’un établissement n’est pas un forfait unique. Il se décompose toujours en trois tarifs distincts, chacun financé par un acteur différent. Confondre les trois est l’erreur la plus fréquente, et la plus coûteuse au moment d’évaluer un budget.
- Le tarif hébergement couvre la chambre, les repas, le ménage, l’animation. Il est intégralement à la charge du résident.
- Le tarif dépendance couvre l’aide aux gestes quotidiens. L’APA en prend la plus grande part, mais un ticket modérateur reste dû.
- Le tarif soins couvre les actes médicaux et paramédicaux. Il est versé directement à l’établissement par l’assurance maladie et n’apparaît jamais sur votre facture.
Quand la pension ne couvre plus l’hébergement
C’est le moment où la famille envisage de vendre la maison. Il existe une autre voie : mobiliser la valeur du bien sans le vendre et sans quitter les lieux. Une estimation suffit pour savoir ce qu’il est possible de débloquer.
Ce qui reste réellement à payer
Pour un résident seul percevant une pension proche de la moyenne nationale, l’équation est presque toujours la même : la retraite absorbe l’essentiel du tarif hébergement, sans jamais le couvrir entièrement. L’écart, lui, est structurel. Il ne se résorbe pas avec le temps, il s’accumule.
Sur dix ans d’hébergement, un écart de 688 € par mois représente 82 560 € à financer autrement que par la pension.
Les aides, et leurs limites
L’APA en établissement ne finance que le tarif dépendance. Elle ne touche pas à l’hébergement, qui constitue pourtant l’essentiel de la facture. C’est la principale source de malentendu.
L’aide sociale à l’hébergement intervient quand les ressources du résident ne suffisent plus. Elle a deux contreparties rarement anticipées : elle est récupérable sur la succession, et elle met en jeu l’obligation alimentaire des enfants et petits-enfants, prévue aux articles 205 à 207 du code civil. Le conseil départemental peut donc solliciter la famille.
La réduction d’impôt porte sur 25 % des dépenses d’hébergement et de dépendance, dans la limite de 10 000 € par personne hébergée, soit 2 500 € par an au maximum. Elle suppose d’être imposable, ce qui exclut une partie des résidents.
Vendre, ou ne pas vendre
Quand les aides sont épuisées, le patrimoine devient la variable d’ajustement. La vente du logement est la solution réflexe, mais elle est irréversible, souvent réalisée dans l’urgence, et prive le conjoint resté à domicile de son cadre de vie. Deux mécanismes permettent de mobiliser la valeur du bien sans le céder : le prêt viager hypothécaire et la vente en viager occupé. Le premier conserve la pleine propriété, le second la cède contre une rente.