Pour obtenir une place en EHPAD en urgence, il faut agir sur plusieurs fronts à la fois : constituer le dossier d’admission ViaTrajectoire avec le médecin traitant, contacter l’assistante sociale de l’hôpital si la personne y est prise en charge, solliciter un hébergement temporaire en attendant une place durable et alerter le CCAS ou le conseil départemental. Aucune démarche ne garantit un délai : les places dépendent des disponibilités de chaque établissement.
Ces informations sont générales. Pour votre situation, le médecin, l’assistante sociale et le CCAS de votre commune, le conseil départemental ou l’ARS de votre région restent les interlocuteurs de référence.
Qu’appelle-t-on une situation d’urgence ?
On parle d’urgence quand le maintien à domicile devient impossible ou dangereux du jour au lendemain. Les cas les plus fréquents :
- une hospitalisation après une chute, un accident ou une maladie, avec retour à domicile impossible ;
- l’épuisement ou l’indisponibilité de l’aidant principal (maladie, hospitalisation, burn-out) ;
- une perte d’autonomie rapide ou l’aggravation de troubles cognitifs qui mettent la personne en danger ;
- un logement devenu inadapté ou inaccessible.
Le premier réflexe : en cas de danger immédiat, appelez le médecin traitant ou les secours. Ensuite seulement viendra la recherche d’un hébergement.
Quand la pension ne couvre plus l'hébergement
C'est le moment où la famille envisage de vendre la maison. Il existe une autre voie : mobiliser la valeur du bien sans le vendre et sans quitter les lieux.
Les premières démarches à lancer dès le premier jour
- Voir le médecin traitant : il remplit le volet médical du dossier d’admission et peut orienter vers une hospitalisation ou une unité gériatrique si l’état de santé l’exige.
- Créer le dossier ViaTrajectoire : ce service en ligne, utilisé dans toute la France, permet de saisir un dossier unique et de le transmettre à plusieurs EHPAD à la fois.
- Contacter l’assistante sociale : à l’hôpital, elle connaît les établissements du secteur et peut prioriser une demande. Sinon, adressez-vous au CCAS ou au service social du département.
- Téléphoner directement aux EHPAD proches : précisez que la situation est urgente et demandez s’ils ont une place disponible, une liste d’attente ou un hébergement temporaire.
- Rassembler les pièces administratives : pièce d’identité, carte Vitale et mutuelle, avis d’imposition, justificatifs de ressources, livret de famille si besoin.
Le dossier ViaTrajectoire : comment le remplir ?
Le dossier comprend un volet administratif rempli par la personne ou sa famille et un volet médical complété par le médecin. Il permet de renseigner plusieurs établissements et de signaler le caractère urgent de la demande. Plus il est complet, plus il est facile à instruire. Gardez une copie papier et suivez vos demandes en ligne. Si l’accès au numérique pose difficulté, le CCAS, un point d’information local ou l’assistante sociale peuvent aider.
Que faire si la personne est à l’hôpital ?
C’est le cas le plus courant. L’hôpital ne peut pas toujours garder la personne une fois les soins terminés. Rapprochez-vous de l’assistante sociale du service dès l’admission : elle peut lancer le dossier, proposer un passage en soins de suite et de réadaptation et rechercher un hébergement temporaire. Demandez où en est la recherche et qui sera votre interlocuteur chaque semaine.
L’hébergement temporaire, une solution relais
L’hébergement temporaire accueille une personne âgée pour une durée limitée, dans un EHPAD qui réserve quelques chambres à cet usage. Il permet de mettre la personne en sécurité le temps d’organiser la suite : retour à domicile avec davantage d’aide ou entrée définitive. Il peut aussi servir de première étape vers un séjour durable. Contactez les établissements pour connaître leurs conditions : disponibilité, durée maximale, tarif journalier, pièces demandées.
Les autres solutions en attendant une place
- Le maintien à domicile renforcé : aide à domicile, portage de repas, soins infirmiers, téléassistance. Le conseil départemental évalue les droits à l’APA.
- L’accueil de jour : accueille la personne dans la journée pour soulager l’aidant.
- La résidence autonomie : adaptée aux personnes encore autonomes qui ne peuvent plus vivre seules.
- L’accueil familial : une famille agréée accueille la personne à son domicile.
- Les séjours de répit pour l’aidant, proposés par certains établissements.
Faut-il l’accord de la personne âgée ?
Oui, en principe : l’entrée en EHPAD repose sur le consentement de la personne. Quand elle est en capacité de décider, expliquez-lui la situation avec calme et associez-la au choix de l’établissement. Quand ses facultés sont très altérées, le médecin et l’assistante sociale vous orientent vers la procédure adaptée, qui peut passer par une mesure de protection juridique. N’engagez rien seul : appuyez-vous sur l’équipe médicale et sociale.
Qui peut aider à financer le séjour ?
Un séjour en EHPAD comprend des frais d’hébergement, de dépendance et de soins. Selon les ressources, plusieurs aides peuvent être demandées :
- l’APA (allocation personnalisée d’autonomie), versée par le conseil départemental ;
- l’aide au logement (APL ou ALS) auprès de la CAF ou de la MSA ;
- l’aide sociale à l’hébergement, accordée par le département sous conditions de ressources ;
- la réduction d’impôt pour les frais de dépendance et d’hébergement.
Ne retardez pas l’entrée à cause du financement : le CCAS ou l’assistante sociale vous aident à ouvrir les droits en parallèle. Les barèmes changent : confirmez-les auprès des organismes concernés.
Vers qui se tourner pour être aidé ?
- le CCAS de la mairie, pour une première orientation gratuite ;
- le conseil départemental, qui pilote l’autonomie des personnes âgées ;
- l’ARS, pour les questions de places et d’organisation de l’offre de santé ;
- les services sociaux de l’hôpital, de la mutuelle ou de la caisse de retraite ;
- les structures locales d’information et de coordination pour les personnes âgées.
Quand tout va vite, il est normal de se sentir dépassé. Notez chaque appel (date, interlocuteur, réponse), relancez régulièrement et gardez plusieurs pistes ouvertes à la fois : le plus souvent, c’est cette persévérance qui fait avancer un dossier.
Ancienne assistante sociale en gérontologie, rédactrice spécialisée dépendance et autonomie
Isabelle Rochas a travaillé pendant quinze ans comme assistante sociale auprès de familles confrontées à la perte d'autonomie d'un proche. Elle met aujourd'hui cette expérience de terrain au service des lecteurs des Quiétudes, pour éclairer des…